mardi 26 octobre 2010

Rex Progress IV Ça manifeste


Sous quelle(s) condition(s) énoncer : " je suis seul(e) ", ne renvoie-t-il pas à un jeu de langage du même ordre inextricable que celui de dire " je mens " ? Il faudra en passer par la notion de " forme " pour que cette parole : " je suis seul(e) ", ait un sens qui ne confine pas au paradoxe, impossible même à fixer en ses termes. Car avoir la notion de " solitude " indique qu’originellement le lien fut noué. Être seul(e), au sens où l’on peut le dire, est une étape de/dans la solitude qui signifie que cette solitude n’est pas de dépossession. Devoir " en passer " par la négative pour cerner un concept, celui de solitude donc, en ce qu’il serait " vrai " ? ! Du moins fondé selon le sens commun général. La solitude véritable est ineffable (car métaphysique) et radicale. Elle est le fait de chacun puisque " la plupart du temps ", nous ne le savons pas… Quel genre de vérité peut bien constituer tout ceci comme énoncé ? – lorsque nous le savons. Lorsque nous le savonnons.
La bouteille a du cul-de-sac la finitude courbe de contenant. Une impasse (ou encore une rue sans issue) n’aboutit pas, elle pourrait conserver ses visiteurs si ceux-ci, pour partir, ignoraient qu’il leur faut, (à cette fin donc de quitter), refluer vers le goulot par lequel ils pénétrèrent (dans le cul-de-sac). Une bouteille abrite des liquides, des flux qui persévèrent dans leur être à des fins de devenir, devenir qui est, aussi bien, une fermentation ou une putréfaction. Les flux n’y circulent pas si ce n’est à tourner en rond, ils ne " passent " pas, ils mijotent.
Une bouteille est polarisée dans sa forme en ce que son rôle est de contenir, son importance est du côté de sa panse. Il faut savoir que jamais une bouteille ne rend avec plaisir son contenu car elle en devient, le plus souvent, bonne à jeter. Elle ne fournit jamais innocemment, gratuitement le plan balisé vers son issue (le goulot). Sa qualité est de contenir, sa qualité est la contention. Une bouteille n’est jamais neutre, non en vertu d’une nature mais par sa forme qui définit sa fonction. [On peut se poser ici la question de la " nature d’une bouteille "].
Qu’est-ce qu’un adepte de la dive bouteille ? Forcément un alcoolique ? Un dépendant ? Un jouisseur ? Est-ce le maître ou l’esclave qui boit ? [Cette question a-t-elle un sens ? ]. Question corrélative : Boire ? mais jusqu’où ?
Certes tout cela ne constitue qu’une métaphore, mais cette métaphore-ci, plus que jamais, a pour avantage de dénuder jusqu’à l’os le concept de forme. A ce degré de métaphoricité, en quelque sorte, la métaphore tombe. Comme la robe. Comme le voile. Comme le rideau. La réalité ou bien ( ?) le Réel saille hors de la fracture ouverte.
Est-ce de consister en une forme non-symétrique que la bouteille tient sa polarité ? sa possibilité de polarité ? sa faculté de polarité ? La tache de gras provoquée par ce concept sale ( ?) car peu honnête, peut-elle faire tache d’huile : se répandre ? Proliférer par cercle concentriquement propagé de son centre vers une périphérie inaccessible ? La bouteille tache-t-elle ?
Une bouteille remplie de sable est un gourdin qui en assommant, se brise et inonde.

Nos sociétés sont loin d’être au fond du trou, en revanche elles sont au fond de la bouteille, ou, plus simplement, dans la bouteille.

(cf (entre autres) Malraux : le bouchon qui se croit plus important que la bouteille ; les oiseaux)

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