Par bonheur, je n’ai pas l’esprit d’oblation, je ne me déchirerai pas les entrailles afin d’entretenir dans leur suprématie les hommes, ou les enfants qui, comme il se doit, devraient être chers à mon cœur, être mon centre d’inertie, ma préoccupation vitale et ma seule raison de vivre.
Par bonheur, je suis perverse et, en conséquence, ne puis afficher ma main en ma compagnie, qui se montrerait dotée des attributs du sceptre digital et de la grenade aux mille graines féconde, et innocente comme le ballon. Je ne m’affiche pas pure ni auréolée de rutilance à l’image de la carrosserie d’une voiture neuve. Je ronronne d’autre façon. Mes doigts me servent à des jeux coupables et, toujours, se présentent sales, diaprés de la technique pourpre des digitales vénéneuses. J’empoisonne mes amants par l’opération d’en détourner le désir qu’ils ne conduisent qu’à des fins de défaillir, de faillir – par le manque, à eux, à être, à s’éclore. Je les suspends dans leur rôle.
Je suis barrée mais non plus de fait, soit anatomiquement, cette passade là est échue depuis presque toujours, j’ai brisé là avec l’aide d’un quidam. Je suis barrée à ce titre que dans la débauche je ne me livre pas, du moins de cette façon qui serait une délivrance mais qui, pourtant, est appelée à le devenir, délivrance : lorsque le jeu sera échu, échoué, joué, chu ; flouté. Floué.
Quiconque m’a vue affligée de bonté oblative, assista à la scène hypocrite de condescendre aux désirs de qui estimait à soi due cette mascarade. Je n’estime pas celui qui. Il s’agit d’un homme par définition. L’homme attend un minimum de révérence à son endroit par la femelle. Je ne mange pas de ce pain là. Mon pain, je l’ai toujours volé sciemment, en conscience. Mon pain, je ne le dois à personne d’autre qu’à mes doigts de chippeuse, de chippie et de mendiante fourbe. Je vole à l’escarcelle qui s’ouvre à la pitié de me faire l’aumône. Je suis un personnage " non " recommandable.
Je ne me vends pas, je me donne, exclusivement.

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