dimanche 13 février 2011

AR XII Pro(lit)fération de la Mousse


Toutes mes solitudes d’éther minées logent à bon droit dans des bulles qui hantent un espace clos que l’on ne pourrait ouvrir, cet espace se contente de s’ouvrir sur lui-même comme un miroir courbe se regarderait ; que ce faisant, ce miroir enveloppe quelqu’un ou quelque chose qui serait alors susceptible de se refléter dans sa suite de miroirs creusés les uns dans les autres dans un engloutissement sans distance ni déplacement : je ne le sais pas. Je vis avec la mort. Mais en toute légèreté. Rien ne me pèse moins. Je me sais simplement vouée à une échéance, je me sais aussi vieillissante et ne profitant guère, je ne m’en désole pas. Si logeait quelqu’un au cœur de ce tourbillon au pas égal, mesuré, ce ne pourrait être que moi car il est celui qui m’est dévolu, comme doit en être imparti un à chacun. Le doute n’en demeure pas moins. J’habite le doute. Le doute n’est pas contagieux malgré l’ignorance universelle car, que chacun doute, j’en suis persuadée, mais la seule pelure qu’il revêt pour chacun, en modifie sa nature en ce qu’il est et reste " doute ". A la racine, il n’y a pas pire mot valise que le doute.
J’ai une valise à chaque pied. Il faut de cela que vous tiriez la conclusion inverse de ce qu’elle induit, la logique n’en est pas moins respectée : on comprendra que mes valises charrient les distances franchies que je ne franchis pas, il s’agit en quelque sorte d’une déduction par l’absurde et non par antithèse (j’ignore si les mots sont appropriés, je suis une paysanne et j’ai beaucoup de lacunes ; mais, admettons que vous ayez compris en pesant intellectuellement le vide qui hésite approximativement entre chaque mot), j’expliquerai que le raisonnement passe par l’absurde et non l’antithèse parce que j’en ai décidé ainsi, parce que j’ai décidé d’appliquer à mon cas une aura d’imputrescibilité.
Les choses qui balancent d’un bord à l’autre, aux extrêmes, finissent toujours par se fatiguer de la bascule, elles s’épuisent et si elles meurent, c’est en tombant dans le négatif de leur mouvement d’oscillation, autant dire qu’elles continuent – mais par d’autres moyens. J’aspire au Néant : à la vraie mort. Qu’un jour tout, je dis bien tout, tout s’arrête. Et qu’il n’y ait pas seulement un mot pour en témoigner. Au moment pénultième il ne restera donc que le mot " en ". Il faut qu’il soit habilité à effectuer le saut : un saut à reculons. Cette inversion de la machine la grippera de telle sorte qu’elle ne franchira pas. Qu’elle ne franchira plus – intransitif. La grammaire que j’ai toujours désiré édicter possèdera ce pouvoir d’arrêt net. A l’instant même où je m’apprêterai à poser le point, celui-ci par un rebond arrière, non seulement se posera de fait mais il ouvrira à la majuscule du texte qui aura été écrit. Que cela (ce texte, à titre de témoignage) reste quelque part, est une hypothèse fausse, car caduque. Le phénomène que j’aurai réussi à engendrer sera justement la caducité immédiate et sombrée.
Il me faudra, afin de mettre un point final à la logique de mon système qui aussi bien le lancera sur les fonds baptismaux de son auto-mouvement immobile et en absence, résoudre une énigme. Elle a trait à un concept de G.D., celui d’" Enveloppe ". Car je n’ai, à ce jour, pas encore réussi à démêler si cela qui enveloppe est aussi cela qui est enveloppé. Cela qui développe est-il ce qui est développé ? S’enveloppe ce qui est enveloppé ? Se développe ce qui est développé ?
Ma seule prière à l’Humanité adressée sera qu’enfin elle condescende à croire en quelque chose comme l’Intransitivité de tout. Pas moins.

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