lundi 10 janvier 2011

Fontaine... VII


Et je n’en finis plus de macérer dans le célibat. Je suis prise entre le marteau de la cendre et l’enclume de la poussière. Ce qui revient à dire que la question enfin formulée de mon interrogation initiale se pose ainsi : " Qu’est-ce que – comment, être femme ? ". Comment puis-je – qu’est-ce pour moi, être une femme ? Je suis prise entre le sexe et le genre. Cet " être-femme " passe par la compréhension des tenants et aboutissants que cet Être-là suppose ? Ou bien est-ce, là, la question-écran d’une incapacité à m’assimiler moi comme moi ?

Mais il me semble que doivent se résoudre ensemble la question de la nature de ce que je suis et le chemin d’y parvenir. Cela s’appelle une " perlaboration ", mot qui sonne comme et établit : la parenté étroite entre " perle " et " élaboration ". Il s’agit d’un travail, d’un devenir mordant, mangeant au corps pour lui restituer dans le mouvement inverse habituel de la digestion, non pas un déchet, donc, mais un commencement. Cela ne débute jamais par le fait de débuter mais plus sûrement s’achève par le mouvement de débuter. Nous y sommes. Y jaune.

La question ne se résoudra que d’avoir été résolue. L’être vient avant la pensée ; à moins qu’ils ne viennent ensemble mais que nous ne soyons pas assez rapides pour dire cela que l’on pense. Mais aussi, pour qui écoute, les choses sont dites avant que nous ne les entendions. Tout le devenir consisterait donc à " entendre ", mot qui n’est pas que celui de l’écouter, de s’écouter mais de " comprendre " depuis la marge où nous place notre place au sein d’un monde, au sein du monde dans son actualité.

La question de savoir ce qu’est une femme ne se pose pas.

Et si réponse il y a, elle ne repose que dans le devenir inhérent à tout être. Cela va de soi…

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