Dieu a longtemps servi de prétexte, de moyen, de filtre voire d’étalon pour interpréter l’Homme, c’est à dire l’homme, et accessoirement, de façon biaisée, la femme. Mais dieu n’est plus.
Vrai-ment ?
Ici, le concept " Dieu " ressuscite par soubresauts sous la forme d’un épouvantail de pa(cot)ille. " Et nous irons dans les champs de pâquerettes vraies, téter par nos bouches nues, en nous allongeant sous la vache vraie, la sève directement à son pis – à nos risques et périls vrais ". Là, dieu est encore et toujours, une notion aussi floue que poisseuse et résistante, persistante. Et là encore, il est une masse d’acier qui s’abat sur les crânes pour leur inculquer par le coup, le dogme carré de la fermeture. Etc, etc…
Délai-terre…
Mais cette journey tristement entamée dans le cours d’une nuit, par le spectacle de la nuit, dont le feu d’artifices perce l’obscurité de ses noyaux infracassables et brûlants, ces noyaux de la glace chauffée à vif, fusées de braise du désespoir – va se retourner comme le gant en une apothéose diurne.
Renversées les braises des feux, renversées en oiseaux lâchés hors d’haleine hors de la cage. Ivre du libre livre, cette immensité sans page du cercle, bleue, déborde de martinets catapultés dans la jouissance du vol, dans un chaos de jets où jamais il n’y a heurt. De la lumière des feux, blancs sur le fond noir de la nuit, se bascule l’état, noirs sur jour, en grains éparpillés du martinet innombrable, émietté, démultiplié et délirant, fou de joie à éprouver l’espace. Tombant comme ils remontent, ils sillonnent les airs dans tous les sens. Cela chuinte, crie et module en une cacophonie dérythmée, splendide. Grains d’oiseaux ramassés en leur point, chacun, dont la surface ne bave pas, la coupure est nette de chacun à l’espace dont ils sont différenciés, et sur quoi glissant, ils glissent dans les couloirs ouverts de l’air, déboulant comme des balles acérées, issues de canons fumant de vitesse. Et encore, le déconcert de stridences. Et encore, un vent provenu de partout, en tourbillons roulé-boulé par cette manne d’ailes folles en mouvements perpétuels, ébouriffés, échevelés. Le jet éclaté se disperse et se rassemble, il revient, il repart. Tout cela n’a pas de sens. Tout cela n’a de sens que de la folie.
C’est dans tel moment improbable et éphémère du spectacle de la joie, dont l’absurdité a de la beauté le chapeau pour se couvrir la tête, que scintille une liberté toute en apparences et appartenances. Les feux de l’artifice du jour s’éteignent et s’allument, il ne reste qu’à en endurer l’alternance, le mouvement qui clignote et qui nous fabrique ; en désespérant là même où l’on espère. La nuit pour le jour et le jour pour la nuit, les temps s’en vont, et, ma demeure porte en elle le chiffre de la destruction.

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